Forum handicaps et technologies au collège Jules Verne

28 Juin 2016

Présent une première fois en 2014, le comité AVH de la Charente faisait de nouveau partie les 14 et 16 juin 2016 des associations qui ont participé au Forum Handicaps et Technologies du collège Jules Verne d’Angoulême. Ce forum a été organisé pour la quatrième année consécutive par les élèves de IIIe et leur professeur référent Nicolas Baleynaud. Il constituait pour nous une occasion de poursuivre notre mission de sensibilisation à la déficience visuelle.

Le collège Jules Verne

Notre comité assure entre autres cette mission en intervenant ponctuellement dans les forums, les centres de loisirs, les établissements scolaires… Nous avions choisi, au collège Jules Verne,  de développer plus particulièrement trois points essentiels : les différents types de malvoyance et la cécité, leurs causes et leurs préventions, l’aide du braille et des technologies nouvelles à l’autonomie des déficients visuels. Or, quels que soient notre public et les aspects du handicap que nous souhaitons exposer, il nous faut en outre convaincre que nous voulons être considérés, aveugles et malvoyants, comme des êtres humains à part entière.

L’invitation envoyée par les élèves de IIIe mentionnait que le collège Jules Verne avait été mis aux normes d’accessibilité. Peu à peu, nous assistons à une prise en considération des personnes handicapées et des difficultés liées au handicap dans sa globalité.

Les deux classes que nous avons rencontrées (l’une de IIIe et l’autre de Ve) ont tour à tour pu distinguer divers types de malvoyance sur le diaporama commenté par Daniel ; en comparaison avec la vision normale, la vision floue, la vision parcellaire, la vision tubulaire, la vision périphérique… Les différents types de malvoyance sont parfois d’origine génétique, à l’exemple de la rétinite pigmentaire citée par Joël. « Le gène peut dormir longtemps et se réveiller un jour ; n’hésitez pas à parler des troubles éventuels de votre vision à vos parents et à consulter un spécialiste ».

Informer, c’est aussi pour nous participer à la prévention de la malvoyance et de la cécité. Des gestes simples, comme la préférence de lunettes de soleil conformes aux normes de sécurité européennes, protègent des dégradations de l’œil causées par les rayons ultraviolets telles que la cataracte. Une alimentation saine limite les risques de développer un diabète, une maladie évolutive dont les complications peuvent conduire sur le long terme jusqu’à la cécité.

« L'augmentation du nombre de cas de diabète de type 1 chez les moins de 15 ans est trop importante et trop rapide pour pouvoir être expliquée » seulement « par des facteurs génétiques ». (…) « Le diabète de type 2 autrefois " réservé " aux adultes se répand d'une manière alarmante chez les moins de 15 ans » [1]. Au facteur génétique s’associent depuis quelques années des facteurs environnementaux, dont une alimentation trop riche en graisses et une forte consommation de glucides essentiellement contenus dans les boissons gazeuses.

L’émotion était palpable chez les élèves quand Claudine a précisé qu’elle était aveugle depuis 24 ans. Elle met à profit les technologies nouvelles telles que l’informatique adaptée, qui lui permet, par exemple et au grand étonnement des élèves, de télécharger un livre audio, puis de le copier sur un disque ou sur une clef USB.

« À votre avis, que peut faire un aveugle ou un malvoyant pendant la journée » ? À cette question posée par Joël à l’un et l’autre groupe, les élèves jusque là calmes et attentifs ont commencé à s’exprimer davantage et à vouloir en savoir plus. Ils connaissaient l’audiodescription et les livres audio, ils ont découvert le lecteur d’étiquettes vocales et la loupe électronique, les bandes de guidage et les podotactiles, le smartphone vocalisé et le braille, qui, s’il ne fait pas partie des technologies nouvelles, compte encore de nos jours de nombreux pratiquants. L’écriture braille dont Joël a expliqué les grands principes et les caractères embossés sur différents supports a suscité un grand intérêt de la part des élèves.

Le temps nous a manqué pour leur présenter un plus grand nombre de matériels vocalisés ; nous espérons néanmoins qu’ils ont compris, alors que par habitude ils levaient le doigt avant d’intervenir, que l’oralité était indispensable pour communiquer avec les personnes déficientes visuelles. Le film court mais néanmoins explicite sur l’accompagnement d’une personne mal ou non voyante, mettait en évidence combien la parole était nécessaire pour que la personne déficiente visuelle établisse une relation avec autrui.

Le film,  projeté par Daniel, abordait aussi le maniement de la canne blanche. Quelques volontaires en ont saisi une et se sont bandé les yeux. Guidés par Joël, il était important pour nous qu’ils ressentent la perte de l’équilibre d’une personne privée de la vue ; un équilibre en partie rétabli par la perception des bruits environnants, et où le sens de l’ouïe se révèle indispensable. Ajoutons que si nos quatre sens restants et la parole viennent pallier la malvoyance ou la cécité, ils ne se substituent en aucun cas à la vue.

Lorsque l’heure a sonné de revenir en classe pour les élèves de Ve, leur professeur a eu l’amabilité de reporter le contrôle prévu et de leur accorder quelques minutes supplémentaires à passer en notre compagnie. Les élèves se sont alors plus amplement essayés au maniement de la canne blanche, puis ont applaudi pour nous manifester leur satisfaction. Nicolas Baleynaud, professeur référent des organisateurs, et ses collègues nous ont vivement remerciés.

Nous avons quitté le collège avec le sentiment d’avoir réussi notre prestation, et que les messages que nous voulions transmettre avaient été reçus par les élèves. Cependant, il nous faudra réfléchir à l’organisation de notre intervention pour les années à venir, de façon à pouvoir disposer d’au moins deux heures consécutives pour un même public ; la salle dédiée au forum est spacieuse et peut accueillir plusieurs classes en même temps.

Nous avons tous été sensibles, au moment de partir, au retour des deux jeunes hôtesses qui nous avaient accueillis lors de notre arrivée, et prévenus des légers obstacles susceptibles de nous incommoder.

1. www.doctissimo.fr › Santé › Diabète.

Claudine.